Jeudi 28 Août 2008



indigo en guadeloupe

Qui se souvient que l'indigo était produit sous le soleil de la Guadeloupe ? L'indigo de Marie-Galante à Saint-Martin a teinté les cuves et représentait une belle part de l'économie locale.



La culture de l'indigo fut introduite par les Espagnols au seizième siècle dans les Grandes Antilles où elle connut un bel essor notamment à Saint-Domingue. Elle n'apparut dans les Petites Antilles qu'après la chute du prix du tabac autour de 1640. La période florissante de l'indigo se situa entre 1680 et 1719. En effet, douze indigoteries sont signalées en Grande-Terre -recensement de la Guadeloupe de 1682- et plus de cent indigoteries sont dénombrées en Guadeloupe et dépendances pour l'année 1686. La Grande-Terre et Marie-Galante produisaient, à elles seules, les deux tiers de la production totale. Cette production est écoulée en Guadeloupe, en Martinique, auprès des marchands français et étrangers, notamment des Hollandais. A la fin des années 1720, Marie Galante qui ne compte plus que 17 indigoteries pèse peu face aux deux mille sept cent quarante-quatre unités que compte l'île de Saint-Domingue où cette culture s'est particulièrement développée. Cette île s'impose dès lors comme principal fournisseur de la France en sucre et en indigo au détriment des Petites Antilles. A Marie Galante, l'indigo cède peu à peu sa place au coton et au café et à la canne et s'éteint vers 1735.




indigo en guadeloupe
L'indigo, sa fabrication
L'indigo est une matière tinctoriale bleue extraite des feuilles de l'indigotier. Sa fabrication nécessitait une installation comprenant trois à cinq cuves bâties en pierres qui s'organisaient en marches d'escalier. La récolte des feuilles s'effectuait avant la floraison. Elles étaient jetées dans un bassin rempli d'eau, la « trempoire » pour la fermentation. L'eau fermentée s'écoulait dans la « batterie » puis remuée jusqu'à obtention de la couleur bleue par oxydation. Le dépôt obtenu par précipitation se répandait dans le « reposoir » pour la décantation. La pâte ainsi obtenue était recueillie dans des sacs de toiles qui s'égouttaient. Enfin, venait l'opération dite de séchage.

Vestiges en péril
Aujourd'hui seuls quelques vestiges architecturaux de cette activité à Marie-Galante est visible à l'est de la galette au lieu dit « Les Galets ». Ces traces du passé sont souvent recouvertes par la végétation qui représente une menace pour leur conservation. A Saint-Martin, vous pouvez en savoir plus en vous rendant au Musée du Café où la culture de l'indigo est parfaitement expliquée.

Source : LES INDIGOTERIES DE MARIE-GALANTE Journal of Caribbean Archaeology Special Publication #1, 2004 47 - Xavier Rousseau Service, Yolande Vragar.

Jeudi 24 Avril 2008
sophie garcia-lopez
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