b[C’est en voisin de Sainte-Anne et défenseur du lambi que nous avons rencontré Martial Rancé qui parle du lambi comme un lien entre les générations, les personnes. «Le lambi ne jouit pas d’une belle notoriété dans la conscience collective puisqu’il est associé avant tout à l’annonce de la mort, une connotation déplaisante. Les conques résonnaient de mornes en mornes quand un décès survenait et la population établissait précisément le lieu de cette triste nouvelle grâce à la propagation du son. On retrouve aussi ces coquillages comme ornement des tombes. Il faut savoir que le granit ou le marbre n’était pas utilisé comme aujourd’hui, on prenait ce qu’on trouvait. Le lambi était ornement funéraire et donc encore une fois associé à la mort. Pourtant, il annonçait aussi, et cela perdure à Sainte-Anne dernier bastion de cette tradition, le retour des pêcheurs ou la vente d’une pêche supplémentaire.» Martial parlerait des heures durant du lambi et des possibilités de ce coquillage auquel il rend un bel hommage de plusieurs façons.
Espaces dédiés]b
Il a créé dans son jardin différents espaces consacrés à des ateliers ouverts au public qui souhaite sculpter, mouler, peindre et créer. Les enfants s’en donnent à cœur joie et renouent avec la gravure sur pierre à l’instar des amérindiens. D’autres préfèrent confectionner des colliers ou bracelets de coquillages ou de graines.
Et partout, des lambis ! En déco, en attente de traitement, finis et toujours surprenant de beauté. Comme ceux de Dédé Saint-Prix qui attendent que ce musicien vienne les chercher. Martial a fabriqué ces instruments à vent de façon bien précise, selon des notes et des sons voulus par le musicien. Car le lambi possède un son qui lui est propre et sur lequel Martial travaille depuis des années. Puis, le connaisseur vous guide vers son antre de musicologue. Un bureau où trônent des instruments à vent, venus de tous les pays. Là, des cornes, des coquillages, des tracés et des courbes de mesures… Etonnant. Et se déclenche alors l’envie d’entendre le son de ce coquillage, et Martial en strombophone confirmé de se prêter bien volontiers à une petite démonstration… En attendant la Nuit de la Conque, le Carnaval, un coup de konn’a lanbi !
Notre spécialiste est heureux de pouvoir dire qu’aujourd’hui rares sont les groupes de carnaval à ne pas utiliser la konn’a lanbi lors des défilés. «Aucune comparaison avec les 5 ou 6 groupes qui s’en servaient voici 5 ans !» précise t’il. Comme quoi le lambi a de bien jolis jours devant lui…
Contact : Martial Rancé, L’Expo Atelier, 240 rue de l’Anse Dumont à Saint-Félix 97190 Le Gosier, tél : 0590 82 98 94. Vous pourrez aussi adhérer à la Fondation l’Ambitus Mizikla Karayib.