Il n’y a donc pas en Guadeloupe de grande faille régionale décrochante comme
celle d’Enriquillo, se développant sous ou à proximité des villes. En revanche,
des failles d’extension moindre, au sein de la plaque Caraïbe, comme celle à
l’origine du séisme des Saintes en 2004, sont présentes en différents points du
territoire guadeloupéen, et parfois sous ou à proximité des villes (voir PJ 2).
Elles ne fonctionnent pas en décrochement mais plus généralement en faille normale
(affaissement d’un compartiment par rapport à l’autre). Elles sont d’extension
kilométrique, ce qui signifie que la probabilité de générer des séismes de magnitude
7 est très faible.
Les magnitudes maximales attendues sont de l’ordre de 6.0 à 6.5, soit de 15 à
30 fois moins puissant que le récent séisme d’Haïti.
Une des ces failles locales se situe à proximité de l’agglomération la plus importante
de Guadeloupe. Il s’agit de la faille dite du Gosier. Dans le cadre d’une étude menée
par le BRGM dans le cadre du Plan Séisme Antilles, intitulé « Schéma
Départemental de Risque Sismique – SDRS en Guadeloupe » (octobre 2009), les
conséquences d’un séisme de magnitude 6.2 (soit une longueur de rupture de 12
km) à 10 km de profondeur à proximité de la région pointoise, ont été simulées. La
simulation prend en compte l’état de vulnérabilité au séisme des milieux construits, à
partir des études les plus récentes élaborées en la matière. Les résultats complets
sont donnés ci-joints. Il apparaît que, dans l’hypothèse d’un tel séisme, les
dégâts tout en étant moins importants que ceux de Port-au-Prince, seraient
néanmoins considérables : intensité à l’épicentre de VIII à IX et localement X
(comparable vraisemblablement à la situation de Port-au-Prince), effondrement
partiel ou total de 5% du bâti courant (soit environ 9000 bâtiments), de 6% des
bâtiments scolaires et 10% des bâtiments des zones d’activité tel que Jarry.
Ces chiffres sont valables à l’échelle de la Guadeloupe. Pour les communes proches
de l’épicentre, la proportion est au moins le double.
Le scénario « faille du Gosier » est un des 10 scénarios de simulation traité dans le
SDRS. Il est présenté dans la présente note à titre de comparaison avec ce qui s’est
passé dans l’agglomération de Port-au-Prince. D’autres scénarios simulés
conduisent à des dégâts potentiels très importants à l’échelle de la
Guadeloupe, notamment celui correspondant au séisme de 1843 (magnitude de
l’ordre de 8.0). Cela souligne le bien fondé des actions de prévention qui sont
conduites depuis de nombreuses années en Guadeloupe, notamment par les
services de l’Etat. Ces actions, quelles qu’elles soient (information des populations,
des élus, réglementation parasismique, zonage des aléas, préparation à la gestion
de crise, …) ont but de minimiser les conséquences d’un futur séisme majeur,
qui reste inéluctable en Guadeloupe.
Contact : M. Jean-Marc Mompelat, jm.mompelat@brgm.fr (06 90 35 51 24 – 05 90 41 35 50)