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Nasse à ouassous, tradition ancestraleAutrefois, les «rois des sources» ou «ouassous» en créole guadeloupéen, écrevisses en Martinique, peuplaient abondamment les rivières de l’île. Aujourd’hui, le consommateur se fournit auprès des éleveurs qui disposent de bassins où les ouassous trouvent refuge.un savoir faire proche du perfectionnisme
Victimes de leur chair savoureuse, les ouassous ont été pêchés de manière intensive. Les cours d’eaux en sont aujourd’hui presque dépourvus. Pourtant, ce roi des sources aux couleurs délicates, a été une importante ressource nourricière au temps des Améridiens. C’est d’ailleurs grâce à eux et à leur ingéniosité que la nasse à ouassous, encore fabriquée artisanalement en Guadeloupe, a traversé les siècles en gardant son efficacité redoutable pour les hôtes des rivières. Ce savoir faire demeure chez quelques artistes fabricants de nasse. Avec des gestes précis et rigoureux, des matériaux naturels ou de récup », l’objet de pêche se monte tel un ensemble architectural futuriste. Ils choisissent des tiges de bambous, ni trop épaisses ni trop tendres, ramassées à la bonne lune et laissées à sécher ensuite. Les baguettes seront ensuite liées entre elles par de la ciguine (corde naturelle), selon le mode amérindien. Couteau et sécateur sont les instruments de base de l’artisan doté d’une formidable dextérité.
Pour appâter rien ne vaut les termites
Le bambou est nettoyé, décortiqué et taillé en «tables» et «duels», lamelles plates ou effilées en pointe. Puis, les tiges de bois sont nouées selon un ordre précis pour fabriquer les deux «pik a nié», ou pièges, en forme d'entonnoir. L'un sert «d'embouchure» pour les ouassous, l'autre les empêchant d’en sortir. L'opercule destiné à recevoir l’appât est ajusté au panier cylindrique ou corps de la nasse. Trois anneaux sont nécessaires à sa fixation : un à chaque extrémité, le troisième au milieu. Ensuite, vient l’assemblage des différentes parties pour constituer la nasse. Les pièges sont glissés dans le casier, les anneaux sont placés, la porte est fixée. Pour appâter rien ne vaut les termites, la chair de noix de coco et le fruit de l’orange.
Puis… La nasse était déposée dans la rivière et les ouassous attirés par l’odeur (repoussante pour nous mais synonyme de festin pour ces crustacés) tombaient dans le piège. L’usage de l’imparfait est volontaire car aujourd’hui le braconnage nuit à cette espèce animale au point de la vouer à sa disparition dans les eaux des cours d’eau. Que cela ne vous empêche pas d’admirer le bel ouvrage et de vous en procurer pour maintenir la tradition en déco cette fois ! Mercredi 2 Janvier 2008
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