Dès 1832, le gouverneur des Rotours (certains l’ont qualifié de visionnaire) démarrait de grands travaux (qui allaient durer 10 ans): le percement d’un canal reliant la plaine de Grippon à la mangrove. Au final ce sont des milliers d’hectares qui ont été ainsi rendus cultivables donc exploitables.
Cette voie d'eau navigable est occupée par les barges qui l’empruntent pour transporter le sucre jusqu’à Pointe-à-Pitre. Une voie stratégique essentielle pour la Guadeloupe. Avec la construction de l’usine à sucre de Blanchet en 1869, l’utilisation du canal est optimisée. Toutes les habitations sucreries ont bénéficié de ce nouvel axe de communication.
« La sucrerie de l'habitation Pointe-à-Raie (ou Pointe-à-Retz) est de celles dont la création du canal favorisera l'essor. Au moment de l'ouverture du canal, la propriété couvre quelque 600 hectares de terres dont une bonne partie occupée par les palétuviers : seuls 16% sont réellement mis en valeur (…) Cinquante années plus tard, le domaine s'est étendu de 1 000 hectares, gagnés grâce aux travaux de drainage. La maison principale, à l'origine simple bâtiment en bois couvert de paille et comportant trois chambres, dispose maintenant d'une toiture en essentes. Elle comprend 15 pièces sur deux niveaux : c'est une véritable maison de maître. Une cheminée de 12 mètres de hauteur a été construite, dont les ruines sont aujourd'hui encore présentes sur le site. La sucrerie, désormais couverte d'ardoises, est pourvue d'un moulin à vapeur, un générateur, un bouilleur. »
Il reste aujourd'hui assez peu de choses des vestiges industriels de cette propriété. Le promeneur curieux peut cependant observer à proximité de la pointe à Feuilles les restes informes des soubassements, un mur percé d'une porte charretière de très belle facture aux dires des spécialistes, ainsi que la cheminée très endommagée par le cyclone Hugo en 1989. »
Source : guadeloupe littoral www.ag50pas-guadeloupe.fr/ Wilfrid Demonio.