Jeudi 28 Août 2008



La Guyane, un camaieu de vert

Ici, nous sommes à mille lieues des plages de sable fin et des lagons turquoise qui tiennent la vedette des catalogues des voyagistes. Non, ici, c'est le vert qui s'impose. Un vert profond et dense qui, partout où se porte le regard, domine le paysage.



Guyane, une forêt omniprésente

La Guyane, un camaieu de vert
Dans ce coin septentrional d'Amazonie, la forêt est omniprésente, 90 % du territoire, riche de ses centaines de variétés de plantes, d'insectes ou d'animaux divers. La Guyane, c'est cela et bien plus encore… Ce sont aussi des pages d'histoire, quelquefois douloureuses, qui ont marqué à jamais le pays. C'est aussi la richesse de sa population, véritable mosaïque aux mille couleurs où se côtoient des dizaines de nationalités venues des quatre coins du monde. C'est surtout, une terre de contrastes à découvrir !
Une terre immense

C'est pourquoi il est nécessaire, quand on choisit cette destination, de prendre son temps. La découverte ne peut se faire en quelques trop rapides jours, car les distances à parcourir par la route, les airs ou les eaux ne sont jamais anodines.

Le premier survol, à l'arrivée, est essentiel pour comprendre le pays : une bande côtière, où se retrouve l'essentiel de la population, et très vite, la forêt apparaît, parcourue par les nombreux cours d'eau. Parfois une savane ou un marais, un village, bousculent l'uniformité de paysage. La nature en Guyane est reine et sa diversité en fait un lieu unique au monde : l'Amazonie regroupe plus de 80 % des espèces animales et végétales de la planète. Un patrimoine naturel inestimable ! Le tourisme vert prend ici tout son sens et les amateurs de nature trouveront matière à découverte. Que l'on décide d'une balade d'une heure ou d'une journée, sur l'un des nombreux sentiers de randonnée, ou qu'on choisisse un trek plus sportif dans la jungle, un seul mot d'ordre : respecter cette nature exubérante, mais néanmoins fragile.

Guyane, une très longue histoire

La Guyane, un camaieu de vert
Outre cette forêt omniprésente, la Guyane se décline sous d'autres aspects. L'un incontournable, concerne son histoire. Si les vestiges de l'époque précolombienne restent très rares, quelques roches gravées ou polissoirs étant visibles notamment à Rémire, la période coloniale a laissé quelques traces, notamment la rhumerie de Vidal à quelques kilomètres de Cayenne. Bien sûr, le passé de la Guyane, c'est aussi un siècle de bagne. Comment rester indifférent à ces traces du passé qui marquent à jamais le territoire ? Impossible de séjourner à Saint-Laurent sans visiter les vestiges aujourd'hui en partie restaurés. Ailleurs, certaines ruines sont devenues des buts de balade, comme celles du bagne des Annamites à Montsinéry Tonnegrande. Difficile d'organiser une promenade aux îles du Salut sans voir les bâtiments qui, autrefois, accueillaient l'administration pénitentiaire et les cellules. La Guyane, c'est aussi cette page d'histoire qui lui a conféré cette image de terre d'expiation et d'enfer vert dont elle a encore tant de mal à se défaire.

A la conquête de l'ouest

Plus à l'ouest, on découvre une autre Guyane, naturellement authentique qui offre, entre autres, le spectacle saisissant et magique de la ponte des tortues Luth. La plage d'Awala Yalimapo, village d'Amérindiens kali'na, situé à quelques kilomètres de Mana, est en effet l'un des premiers sites mondiaux de ponte. A partir du mois de mai, aux marées montantes du soir, ces tortues marines viennent par dizaine pondre. Si en juillet et août, elles se font plus discrètes, il est par contre fréquent d'assister aux émergences de petites tortues qui, après des efforts considérables pour se sortir de leur nid, rejoignent l'océan.
Saint-Laurent du Maroni ! Posée au bord du fleuve, la ville regarde avec nonchalance vers l'ouest et le fleuve. Saint-Laurent, avec une histoire qui se dévoile au fil des édifices et bâtiments qui ont marqué un siècle de régime pénitentiaire, est le point de départ d'une excursion incontournable pour tout touriste qui veut comprendre la Guyane et ses réalités : la remontée du Maroni, fleuve frontière avec le Surinam et plus vaste cours d'eau de Guyane.


Un continent sur un fleuve

Pour cela, il faut compter quatre à cinq jours, le retour se faisant par avion de Maripasoula. Là, on découvre véritablement un autre monde : c'est l'Afrique qui vous accueille, une Guyane africaine d'un autre siècle où, à quelques kilomètres du haut lieu de la technologie qu'est la base spatiale de Kourou, on continue à perpétuer des traditions séculaires. Ici, le progrès a amené tronçonneuses et moteurs hors-bord, mais a laissé de côté l'eau courante, l'électricité et toutes les commodités qui font le monde moderne. On vit au rythme du fleuve, car le Maroni est l'artère essentielle par laquelle on circule, par laquelle on travaille, et grâce à laquelle on se nourrit… Chaque étape est différente et à chaque boucle du fleuve, c'est un nouveau paysage qui s'offre à la vue. Les étapes sont prévues dans des villages et le couchage se fait en hamac, sous les carbets de passage. Si la première journée de navigation, à partir de Saint-Laurent, est assez calme, les jours suivants le fleuve se dévoile dans toute la splendeur de ses sauts. C'est en effet, dans ces rapides que s'exercent tout l'art et le talent du motoriste guidé avec finesse par le takariste, installé à l'avant de la pirogue. Prendre un saut demande une connaissance et un savoir faire où excellent particulièrement les piroguiers bushinengue, ces descendants d'esclaves marrons qui se sont installés sur les deux rives du fleuve.

Sanctuaire pour oiseaux et caïmans

Autres paysages, autre rythme vers l'est guyanais. Pour ceux qui aiment les espaces vierges et magiques, les marais de Kaw offrent un terrain de découverte inoubliable. Voguer sur cette étendue d'eau où cohabitent de nombreuses espèces d'oiseaux, et la nuit, à la lueur des lampes torches admirer quelques spécimens de caïmans, font partie des souvenirs qu'on se doit de ramener de Guyane.
Plus loin à la frontière, la fièvre brésilienne a envahi Saint-Georges de l'Oyapock, là vous entendrez parler créole, français mais aussi brésilien puisqu'à quelques encablures de la ville, de l'autre côté du fleuve, Oiapoque, est la porte d'entrée vers l'immense Brésil.
Quelques aspects vite dévoilés de cet immense département ne peuvent suffire à décrire de manière exhaustive toutes les facettes de la Guyane. Méconnue, elle recèle en son sein bien d'autres trésors que le visiteur avisé ne manquera pas de découvrir, s'il le fait avec amour et respect.
Tout simplement !

Pratique : se rendre en Guyane

Au départ de Guadeloupe, plusieurs vols quotidiens sont assurés par les compagnies Air Caraïbes (tél. 0820 835 835 – www.aircaraibes.com) et Air France.
La Guyane compte deux saisons sèches, de juillet à octobre-novembre et le petit été en mars. Les deux saisons des pluies se déroulent de novembre-décembre à février et d'avril à juin.
Pour se rendre en Guyane, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire. Si une remontée de fleuve est programmée, prévoir une prophylaxie anti-paludéenne. Le climat étant chaud et humide il est conseillé de se munir de vêtements légers en coton, de prévoir casquette et crème solaire et, pour éviter les attaques de moustiques lors des volées du soir, se munir d'un anti-moustique.

Jeudi 16 Novembre 2006
sophie garcia lopez
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