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Boite à crabes bwét a krabQui dit Morne-à-l’Eau dit crabe et recettes délicieuses de Pâques ayant pour base ce crustacé ! Cela étant, pour manger du crabe encore faut-il le capturer et sans la boîte à crabe pas de gourmandises pour le palais ! Parize a bien voulu être le guide en la matière…Un grand merci à lui et à sa famille.crabe de guadeloupe
Le crabe, tout le monde connaît ici! La ruée des gourmets et curieux lors des journées pascales dédiées à ce crustacé à la chair savoureuse en témoigne ! On ne s’en lasse pas. Pourtant il faut se lever tôt en ces jours prometteurs pour se frayer un chemin entre les embouteillages et les barrières de sécurité ! Cela ne semble pas pour autant diminuer l’intérêt de ces festivités qui chaque année font de plus en plus d’heureux.
Revenons à Parize, qui habitant Vieux-Bourg, bénéficie d’un atout géographique pour nous enseigner l’art de la fabrication de la boîte à crabe ! D’aucuns souhaitant rétablir la vérité estiment que le crabe est moulien (La Maison du Crabe, lieu de découverte sur le crabe est sur la commune du Moule). D’autres revendiquent le même statut tandis qu’ils sont situés sur la Basse-Terre… Un point commun à tous ces fans du crabe, ce dernier aime toutes les terres moelleuses. Ces terres où il peut creuser ses tunnels et s’enfouir sous la fraîcheur. Que ce soit en Grande-Terre ou pas, cet animal se terre dans le sol qu’il aime. protection et prise de conscience
Un rebelle, un vindicatif ? Une espèce à protéger sans aucun doute. Victime de sa chair très appréciée il est capturé à outrance dans le non-respect des lois de la nature (et de l’intelligence). La reproduction est de plus en plus limitée et le crabe est en péril à cause du braconnage.
Parize en est conscient, tout comme Rolande sa femme et Gilberte sa belle-sœur. Ils s’accordent pour le rappeler : « il faut faire attention, trop de captures empêchent le cycle de la reproduction. Après on s’étonne qu’ils se raréfient ! ». En la soulignant, ils transmettent cette notion à tous les enfants venus assister à la fabrication de la boîte, ils sont nombreux. Rien ne leur échappe. Eux aussi aiment poser leur piège, ils savent désormais que cela ne se pratique pas n’importe comment. Brandon, le fils de Parize, court chercher sa boîte pour procéder à une démonstration du piège. Ses cousins, Jules-Verne et Lucas, savent déjà tout cela mais ils écoutent et regardent. Natalia, la petite dernière, n’en perd pas une !
Le bois, les clous, le marteau, la règle, la scie ont envahi le parterre et Parize œuvre déjà. Toute notre attention est désormais portée sur la dextérité de l’homme qui mesure, trace, préparant ainsi les côtés. En fait, il n’existe pas de plan détaillé. Tout est dans sa tête, ses yeux et ses mains. Il n’en est pas à sa première : « ce sont les grands qui m’ont appris. Enfant, je regardais faire et j’ai essayé de mon côté. Quand on est petit, on apprend vite ! Les outils ne sont plus les mêmes, c’est plus moderne et plus rapide maintenant. Avant on chauffait le bois pour le couper, aujourd’hui on utilise la scie. »
Modernisation ? d’accord, rapidité, c’est lui qui le dit ! Essayez pour voir ! Les côtés et le fond sont désormais fixés. Reste le couvercle. Là, Parize calcule précisément les espaces pour que la jonction soit parfaite. « Autrement le crabe peut sortir ! », précise t’il en riant. Une évidence, certes, mais pas facile à réaliser pour autant. Après quelques ajustages, l’abattant est savamment lesté pour qu’une fois le crabe entré il ne puisse plus en ressortir. Des astuces de fermeture se créent sous les doigts agiles de Parize : « il ne manque plus que la télécommande pour que le piège soit high tech ! » Ingénieux, inventif, ce « pik a nié » (piège en créole) est redoutable pour les animaux.
L'amorce est préparée par Brandon qui a découpé au coutelas des morceaux de feuilles de malaga. La coco, la mangue ou tout autre fruit attirent le crabe. L’appât, maintenu par une ficelle, sera mordillé ce qui déclenchera la fermeture du couvercle. C’est vraiment rusé ! La gourmandise du crabe l’enfermera dans son nouveau domicile !
Pour tester la nouvelle boîte, tout le monde se rend au jardin. Au pied d’un arbre, non loin de l’enclos aux cochons, la terre semble idéale. Pour preuve, le trou réalisé par le crabe ! Parize place le piège sur le trou. Entre la porte et le fond, un espace permet à la bête d’y pénétrer mais pas de s’en extraire. Tout fonctionne à merveille. Dès lors, tout est une question de temps : « ni pasyans kon bwèt-a-krab », avoir de la patience comme une boîte à crabe… Méditons ! Attention aux crabes ! Le crabe de terre ou crabe blanc (Cardisoma guanhumi) est en net déclin en Guadeloupe. Il fait partie du patrimoine culinaire de l'île et est consommé à l'occasion de diverses fêtes (Source onf) Mardi 8 Janvier 2008
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